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Pour le gouvernement, les langues régionales étant reconnues dans la Constitution, il est urgent de ne pas légiférer

10/02/2010 – 08h00 KEMPER/QUIMPER (NOVOpress Breizh) – Depuis 2008, la Constitution stipule, dans son article 75-1, que « les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France ». Christine Albanel, ministre de la Culture, s’était alors engagée à déposer un projet de loi sur les langues régionales. Un texte qui, en février 2010, n’est toujours pas à l’ordre du jour. Et qui, avec l’actuel gouvernement, ne le sera probablement jamais.

Pour le gouvernement, les langues régionales étant reconnues dans la Constitution, il est urgent de ne pas légiférer

En décembre dernier, en réponse à une question concernant l’état d’avancement de ce projet de loi, c’est le ministre de l’Immigration, Eric Besson, qui avait répondu : « Le gouvernement s’interroge sur la pertinence d’une intervention législative supplémentaire tant que toutes les possibilités existantes n’auront pas été explorées et appliquées. » Selon lui, ce projet de loi risquait d’ouvrir « un droit positif en faveur de locuteurs particuliers » qui heurterait le « principe constitutionnel d’indivisibilité de la République et d’égalité devant la loi ».

Rama-Yade[1]

Une spécialiste ?

Le 2 février dernier, c’était au tour de la secrétaire d’État aux Sports – une spécialiste ? – de se prononcer sur cette question. Interrogée par Maryvonne Blondin, sénatrice du Finistère, Rama Yade a répondu que « le gouvernement s’interroge sur la pertinence d’une intervention législative supplémentaire tant que toutes les possibilités existantes n’auront pas été explorées ni appliquées. Nous réfléchissons de façon interministérielle ainsi qu’avec les collectivités et les offices publics des langues régionales à la manière la plus adéquate de promouvoir encore ce patrimoine irremplaçable. » Belles paroles. Mais malheureusement les langues étant mortelles et les langues régionales en grand danger, le « patrimoine irremplaçable » risque fort de disparaître si rien n’est fait.

C’est en définitive par Xavier North, délégué général à la langue française et aux langues de France, interrogé par l’Express, qu’on connaît la position du gouvernement sur le sujet : « On ne peut pas comparer une nation unitaire comme la nôtre et des pays fortement décentralisés, voire fédéraux, comme l’Espagne, le Royaume-Uni ou l’Allemagne. » précise-t-il avant de poursuivre : « Le territoire métropolitain compte au moins une dizaine de langues régionales, voire vingt si l’on reconnaît la diversité des langues d’oc et des langues d’oïl. » Et d’affirmer : « Accorder des droits opposables à une langue supposerait évidemment de les étendre à toutes, ce qui porterait atteinte à l’indivisibilité de la République et à l’unicité du peuple français, selon les termes du Conseil constitutionnel, qui s’est opposé pour cette raison en 1999 à la ratification par la France de la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires.» Tout est dit.

On notera la référence faite à « l’unicité du peuple français », notion valable pour les langues régionales réputées dangereuses pour ladite unicité, mais hors sujet lorsqu’on aborde, par exemple, la question des flux migratoires.

Breton, basque, corse, alsacien, flamand, provençal ou occitan : pour les jacobins, le vrai danger résidera toujours dans la volonté des peuples et des régions de parler leur langue, fondement de leur identité. Un vieux débat, qui remonte à 1789.

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