29/09/2009 – 17h00 QUIMPER (NOVOpress Breizh) – - Jean-Jacques Urvoas, député socialiste de la 1ère circonscription du Finistère, est bien embêté depuis une douzaine de jours.Â
Le 16 septembre, dans le cadre de la « loi pénitentiaire », un minuscule amendement adopté par l’Assemblée nationale sur proposition de Jean-Jacques Urvoas a supprimé l’article L7 du code électoral. Cet article adopté par la loi du 19 janvier 1995 prévoyait que les élus ou fonctionnaires condamnés pour corruption étaient automatiquement radiés des listes électorales. Droite et gauche confondue, c’était une redoutable menace pour la classe politique. L’amendement Urvoas en a soulagé plus d’un : sans radiation des listes électorales, plus d’inéligibilité pour les vendus.
Hélas pour M. Urvoas, la manœuvre n’est pas passé inaperçue. Il s’est donc empressé de se désolidariser de lui-même. « On comprendra tout à la fois ma surprise et mon désarroi », se lamente-t-il dans son blog (www.urvoas.org). « (…) à aucun moment, quelqu’un ne m’a alerté sur la lecture qui pouvait être faite de cet amendement ». Jean-Jacques Urvoas avait en effet bien besoin que l’amendement soit relu par quelqu’un de plus compétent que lui : il n’est jamais que professeur de droit à l’université de Bretagne occidentale et chargé de la politique pénale au sein du groupe socialiste à l’Assemblée !
Heureusement, il a lui-même trouvé une parade à son propre faux-pas : « il suffira à la commission mixte paritaire qui se réunira la semaine prochaine sur la loi pénitentiaire de supprimer cet amendement. Je serais d’ailleurs le premier à le demander. » Faire des lois puis les défaire, c’est toujours toucher son indemnité parlementaire au bout du mois…
Ce virage à 180° n’est d’ailleurs pas une première pour Jean-Jacque Urvoas.
Toujours dans son blog, au lendemain du rassemblement socialiste de La Rochelle, il écrivait le 30 août : « j’en reviens rassuré. (…) Martine Aubry a montré que les socialistes, quand ils savaient se rassembler, pouvaient être utiles aux Français. » Quelques jours plus tard, le 11 septembre, changement de ton radical : « en l’état, ce parti est illégitime pour désigner demain celui qui défendra nos couleurs », écrivait-il désormais des socialistes. Dans l’intervalle, il avait lu Hold-uPS, arnaques et trahisons d’André et Rissouli. « Je ne veux même pas savoir si ce qu’il raconte est juste », expliquait-il, « le seul fait que cela puisse être crédible suffit à me révolter ».
Attitude qui d’ailleurs fait un peu froid dans le dos : on aurait cru un juriste plus pointilleux sur la recherche de la vérité, quand tant de sorcières ont été brûlées sur la foi de témoignages « crédibles ».
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