Bretagne : Un pape de transition

Pour Jean-Yves Le Drian, la grande affaire s’appelle Bretagne. Devenir président du conseil régional correspondait à son ambition suprême. Avec lui l’esprit breton souffle dans l’hémicycle René Pléven. En devenant ministre de la Défense, il peut continuer à servir la Bretagne en privilégiant le volet naval, pour le plus grand bénéfice de Saint-Nazaire, Lorient et Brest. Mais en ces temps de disette budgétaire, il n’est pas certain qu’il puisse lancer des opérations susceptibles d’apporter du travail à la construction navale. A moins, évidemment, que le Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, ne trouve un avantage certain à donner de l’activité à Saint-Nazaire et, par voie de conséquence, à Lorient.

 

Puisque le cumul entre une charge ministérielle et un mandat exécutif n’est plus possible, M. Le Drian a démissionné de la présidence du conseil régional. Mais sans perdre de vue la Bretagne, car ses ambitions ministérielles sont limitées : il a l’intention de revenir aux prochaines élections régionales (2014) ; il ne s’en cache pas. D’autant plus que, grâce au prochain vote de « l’acte III » de la décentralisation, les collectivités territoriales hériteront de compétences nouvelles qui donneront au métier de président du conseil régional d’avantage de relief. Le statut de l’Ecosse et de la Catalogne a toujours fait saliver Jean-Yves Le Drian. 

La place de président est donc revenue à un « intérimaire », Pierrick Massiot, 64 ans. Un bon gestionnaire qui occupait précédemment le poste de vice-président chargé des finances. Cet homme très rigoureux fait l’unanimité au sein de la majorité. Il n’ambitionne pas d’entrer en compétition avec le « ministre ». Enfin, fatigué, il ne souhaite pas  poursuivre son activité après 2014. C’était donc l’homme de la situation, un homme de confiance pour monsieur Le Drian. 

Pierrick Massiot a été élu dans un fauteuil avec 55 voix contre 20 a Elisabeth Malgorn (UMP). Evidemment, les écologistes faisaient bande à part et leur candidat, Guy Ascoët (EELV), a recueilli les 7 voix de son groupe. Rappelons qu’en Bretagne, écologistes et socialistes ne font pas bon ménage. Aux dernières élections régionales, chacun présentait sa liste. 

Le désaccord porte sur des dossiers lourds :la LGVLeMans-Rennes, l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, l’agriculture productiviste…Enfin M. Hascoët et ses amis dénoncent l’ « hégémonie » du Parti socialiste. En période électorale, assister à une réunion d’Europe Ecologie Les Verts provoque étonnement et amusement : l’ennemi principal s’appelle PS et Le Drian ; on leur casse du sucre sur le dos à tour de bras. 

On peut également noter que, sur tous ces « dossiers lourds », gauche et droite marchent la main dans la main. Sauf les élus d’EELV… 

F.C.

 Crédit photo : Pymouss, via Wikimedia, licence CC

[cc] Novopress.info, 2012, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/

Novopress.info
Partager cet article
bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark bookmark
Novopress.info

Articles liés

Actualités Les derniers articles



Politique Les derniers articles