16/07/2012 – 07H00 NANTES/NAONED (NOVOpress Breizh) – L’Espagne célèbre aujourd’hui le huit centième anniversaire de la bataille de Las Navas de Tolosa, étape décisive de sa libération après des siècles d’occupation musulmane. Guidés par Geoffroy Pantin, évêque de Nantes, des volontaires bretons ont participé à cette campagne victorieuse.
Au début de l’année 1212, la situation des royaumes chrétiens du Nord de l’Espagne n’est pas fameuse. Engagés dans un long combat pour la Reconquista de la pénisule ibérique, en grande partie occupée par les Arabes depuis 711, ils font face à une puissante armée de 200.000 soldats, venus en majorité d’Afrique du Nord. Les forces commandées par Alphonse VIII de Castille sont moitié moins nombreuses. Aux Castillans, Aragonais et Navarrais se sont joints des volontaires d’outre-Pyrénées. Parmi eux, un contingent breton conduit par Geoffroy Pantin, évêque de Nantes depuis 1198. Il répond à l’appel du pape Innocent III, qui a fait de la Reconquista une « croisade » au même titre que les expéditions vers Jérusalem.
Rassemblée à Tolède, libérée depuis 1085, l’armée chrétienne remporte une première grande victoire le 24 juin 1212 en prenant d’assaut la place forte de Malagón. Les Bretons sont au premier rang des assaillants. Quelques jours plus tard, ils participent à la prise de Calatrava. Calatrava est alors une cité importante, capitale de la Castille arabe. Sa chute est le début de la fin pour l’occupant, désormais sur la défensive. Rejointe par les chrétiens au pied de la Sierra Morena, près du village de Las Navas de Tolosa, la gigantesque armée du calife Yaqub ben Yusuf est taillée en pièces le 16 juillet 1212. C’est le moment décisif de la Reconquista. Désormais, les Arabes reculeront partout jusqu’à la libération intégrale de la péninsule.
Les Bretons n’auraient pas participé à la bataille de Las Navas de Tolosa. Après la prise de Calatrava, fatigués par le voyage et mécontents de n’avoir pas reçu l’autorisation de piller la ville et massacrer les musulmans, ils auraient pris le chemin du retour, de même que l’évêque de Bordeaux et ses compagnons. Mais cette version est sujette à caution : c’est celle d’Arnaud Amaury, archevêque de Narbonne, qui mettait ainsi en valeur sa propre participation à la victoire.
De retour à Nantes, l’évêque Geoffroy Pantin meurt en février 1213. Il laisse une œuvre importante. Proche d’Arthur Ier de Bretagne, il a joué un rôle important dans le maintien de l’indépendance bretonne face à Richard Cœur de lion puis à Philippe-Auguste. Après avoir achevé le clocher de la cathédrale de Nantes, il a fait construire dans le quartier du Bouffay l’église Sainte-Croix.
[cc] Novopress.info, 2012, Dépêches libres de copie et diffusion sous réserve de mention de la source d’origine [http://breizh.novopress.info/ Photo Kordas sous licence CC : détail du monument commémoratif de la bataille de Las Navas de Tolosa à Jaén (Andalousie).