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PS : la révolte des soutiers

Sans doute n’est-ce-pas exagéré d’écrire que le Poitou n’inspire plus Ségolène Royal. On l’avait vu abandonner sa circonscription à Delphine Batho pour se concentrer sur la présidence du conseil régional (depuis mars 2004). Mais le job ne l’amuse plus, semble-t-il. A tel point que, rêvant d’autres horizons, mais l’espoir de redevenir ministre étant vain, elle cherchait à sortir par le haut. Madame Royal ministre, cette perspective n’enchantait guère son « ex ». N’oublions pas que leur vrai séparation – pas l’officielle – remonte aux années 2000 et que la bagarre fut rude, à l’époque, pour la garde des enfants. On ne peut donc pas parler d’un « amour fou » entre les deux énarques.

Ségolène Royal : la route vers la présidence de l'Assemblée nationale s'annonce plus difficile que prévu

 

Quoique l’affaire eût du piquant : le Président nez à nez avec son « ex » tous les mercredis lors du conseil des ministres…Cela ne se pouvait pas. Elle a donc négocié avec « François » un deal ; à défaut d’hériter d’un ministère, elle jetait son dévolu sur la présidence de l’Assemblée nationale. Un beau bâton de maréchal à la vérité ! 

Aussitôt dit aussitôt fait, on annonce le parachutage de Ségolène à La Rochelle, après une petite magouille avec le maire de la ville, député sortant (PS) et qui ne se représentait pas. Débarquement imposé par la direction nationale du PS, sans que l’avis des adhérents de la circonscription ne soit sollicité. Conclusion : la gauche morale sait s’asseoir sur les statuts. 

Grâce à son élection à La Rochelle – en principe facile – Ségolène Royal débarquait au Palais-Bourbon et son accession au perchoir n’aurait été qu’une formalité puisque faisant figure de candidate officielle de l’Elysée. Tel était le scénario. 

Malheureusement, un grain de sable apparaît. Le premier secrétaire de la fédération socialiste de Charente-Maritime, Olivier Falorni, se voyait, depuis longtemps, devenir député de La Rochelle ; la chose figurait dans son plan de carrière. Le mécontent se rebelle et décide d’être candidat malgré tout. Socialiste dissident, ça existe. Si bien que la victoire de madame Royal se trouve compromise. 

Mais, même en cas de victoire à La Rochelle, Ségolène Royal n’était pas assurée d’habiter à l’hôtel de Lassay (résidence des présidents). En effet Marylise Lebranchu (PS), député de Morlaix et questeur de l’Assemblée nationale, avait prévu, elle aussi, d’occuper le perchoir. Très populaire dans le groupe socialiste, elle menait campagne auprès de ses collègues. 

Pour neutraliser Madame Lebranchu, François Hollande a décidé de la nommer « ministre de la réforme de l’Etat, de la décentralisation et de la Fonction publique ». Ainsi elle ne barrera pas la route à l’ »ex » de François Hollande. Mais depuis, d’autres oligarques du Parti socialiste ont annoncé leur intention d’être candidats…à suivre.

Hervé Cadic

 Crédit photo : Jmayrault, via Flickr, licence CC

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